L’exportation de moutons vivants par voie maritime vers le Maroc au cœur d’un vif débat en Australie

L’exportation de moutons vivants par voie maritime vers le Maroc suscite une controverse en Australie, opposant le Conseil australien des exportateurs de bétail (CAEB) à l’Association des vétérinaires contre l’exportation d’animaux vivants (AVEAV). Alors que les professionnels du secteur assurent la faisabilité de cette nouvelle route commerciale, ses détracteurs dénoncent «des obstacles logistiques et réglementaires insurmontables.»

La polémique a pris de l’ampleur après la visite en Australie d’une délégation marocaine, au cours de laquelle le CAEB a affirmé que des navires adaptés étaient disponibles pour desservir le Maroc. L’organisation a insisté sur une évaluation rigoureuse des risques pour déterminer des délais d’expédition appropriés.

L’AVEAV conteste cette vision, arguant que la distance entre l’Australie et le Maroc rendrait cette filière peu viable. «Une traversée aussi longue représente un défi logistique et financier majeur. De plus, les navires répondant aux normes maritimes australiennes sont déjà insuffisants pour satisfaire la demande des États du Golfe», souligne la Dre Sue Foster, porte-parole de l’association. Elle rappelle également que le passage par le canal de Suez engendrerait des frais de transit élevés, alourdissant encore le coût de cette filière naissante.

Le CAEB rejette ces arguments, affirmant que l’AVEAV poursuit un objectif militant avec pour objectif l’interdiction pure et simple des exportations d’animaux vivants. «Ils n’ont aucune expérience en matière de transport maritime et ne participent à aucune discussion avec les autorités marocaines ni les importateurs», rétorque Mark Harvey-Sutton, directeur du conseil.

Selon l’Autorité australienne de la sécurité maritime (AASM), vingt navires disposent actuellement d’une certification pour le transport d’animaux vivants, contre trente-deux il y a cinq ans. Ces navires doivent respecter des normes strictes définies par l’Ordre maritime 43, qui encadre les conditions de transport et de manutention du bétail. Avant tout départ, une inspection est menée et les navires non conformes ne sont pas autorisés à embarquer du bétail tant que les déficiences constatées ne sont pas corrigées.

Malgré ces exigences, les défenseurs du bien-être animal estiment que les conditions de transport restent précaires et que le modèle économique de l’exportation de bétail par voie maritime est de plus en plus remis en question. L’avenir de cette filière vers le Maroc demeure incertain, alors que Aziz Akhannouch peine à juguler les défis liés au secteur agricole.

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