Le Maroc nouvellement exportateur d’énergie d’électricité se dirige vers un marché régional

La stratégie énergétique du Maroc commence à porter ses fruits. En effet, au-delà du fait que la production d’électricité actuelle contribue à satisfaire la demande nationale, le Royaume est devenu exportateur net d’électricité vers l’Espagne. Il aspire également à vendre de l’électricité au Portugal, compte tenu du fait que la production d’électricité du Maroc est largement excédentaire depuis décembre 2018. Et ce, grâce au surstock de sa production éolienne et solaire.

Selon des chiffres communiqués en 2019 par le Conseil mondial de l’énergie éolienne (GWEC), le Maroc est classé 3ème parmi les 3 marchés d’Afrique de production d’énergie éolienne, avec une capacité éolienne de 120MW. Quant à l’énergie solaire, avec des ressources solaires abondantes, le Maroc a un potentiel de production solaire qui avoisine 2.600 kWh/m2/an. En effet, le complexe de Noor, près de Ouarzazate, combine 4 unités solaires qui atteindront une puissance totale de 580 MW à plein régime. Il est ainsi prévu que, fin 2019, la production solaire de ce complexe dépasse le record mondial qui a été détenu par les quatre centrales nord-américaines, à savoir à 392 MW.

Selon des chiffres communiqués par Red Electrica de España, une entreprise espagnole du secteur énergétique, le Maroc a exporté 870 GwH vers l’Espagne sur les 6 premiers mois de 2019 contre 180 Gwh en 2018. Ces exportations d’électricité ont rapporté au Maroc 158 MDH en 2018 contre quasiment zéro en 2017. Au cours des trois premiers mois de 2019, les exportations d’électricité ont rapporté 307 MDH au Maroc.

Ces échanges ont été facilités grâce aux deux câbles d’interconnexion électrique [ndlr : le premier câble a été mis en service en 1997 et l’autre en 2006] qui relient le Maroc à l’Espagne. Il s’agit d’une interconnexion d’une capacité totale de 1.400 MW. Au début, cette interconnexion permettait au Maroc de s’approvisionner de l’électricité quand il était en pleine insuffisance électrique. En effet, les importations du Maroc depuis l’Espagne contribuaient à satisfaire la demande locale du Maroc.

Face à cette situation d’insuffisance électrique, le Maroc a adopté, dès 2009, une stratégie énergétique ambitieuse qui prend en compte ces défis énergétiques. Elle repose principalement sur la montée en puissance des énergies renouvelables, le développement de l’efficacité énergétique et le renforcement des capacités régionales. Pour atteindre cet objectif visant à réduire la dépendance énergétique du Royaume, des programmes ont été mis en place. Ils visent une augmentation supplémentaire de la capacité de production d’électricité à partir de sources renouvelables d’environ 6.000 MW à l’horizon 2020 et 10.100 MW d’ici 2030.

Ainsi, l’entrée en service de plusieurs projets de production d’énergie électrique de sources renouvelables, solaire et éolienne, a porté la capacité de production du Maroc à près de 3.500 MW sur un objectif de 6.000 MW à l’horizon 2020. La mise en service de nouveaux groupes de centrales électriques a accéléré le passage du Maroc au statut d’exportateur. En cette fin 2019, les centrales NOOR II et NOOR III ont atteint un fonctionnement stable à pleine charge et ont déjà livré des centaines de millions de kwh au réseau électrique marocain puisque l’ensemble du complexe Noor Ouarzazate est doté d’une puissance installée de 580 MW.

Dans le même contexte, les travaux de construction du parc éolien de Midelt et celui de Taza ont été lancés. Toujours dans ce souci d’améliorer sa production de l’électricité renouvelable, le Maroc a lancé le projet de repowering du parc éolien de Koudia El-Baida. Grâce à la mise en place de ce dispositif, on note que la production des parcs éoliens a augmenté de près de 1.000 Gwh/an en 2018. Quant à la production des fermes solaires, elle a aussi connu une augmentation de 520 Gwh/an en 2018.

Le Maroc compte également vendre de l’énergie électrique au Portugal et ce, dans le cadre d’un futur projet d’échange de l’énergie entre les deux pays. Pour ce faire, une étude de faisabilité d’une ligne d’interconnexion électrique entre le Maroc et le Portugal a été élaborée. D’ailleurs, le DG de l’ONEE (Office National de l’Electricité et de l’Eau Potable-Branche Electricité), Abderrahim El Hafidi a affirmé, dans une déclaration à la presse en janvier 2018, qu’en matière de faisabilité technique, ce futur projet ne pose aucun problème. « Il sera intéressant pour les deux pays de disposer d’une interconnexion qui va renforcer les ingrédients nécessaires pour la mise en place de ce qu’on appelle le « marché électrique régional ». Ce dernier englobera le Maroc, le Portugal, l’Espagne et peut-être la France et l’Allemagne« , a-t-il déclaré.

A noter que le Maroc est également interconnecté avec l’Algérie par trois lignes d’une capacité totale de 1.200 MW. Elles ont été mises en service en 1988, 2006 et 2009. Toutefois, elles ne sont considérées que comme des lignes de secours entre l’Office National de l’Electricité et de l’Eau Potable-Branche Electricité (ONEE) et la Sonelgaz, groupe industriel énergétique algérien, spécialisé dans la production, la distribution et la commercialisation d’électricité, étant donné que les échanges entre le Maroc et l’Algérie sont homéopathiques.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *