Le Maroc a importé 1,51 million de tonnes de blé européen depuis le début de la campagne 2024-2025

Depuis le lancement de la campagne céréalière 2024-2025, la Union européenne (UE) a importé 20,42 millions de tonnes de céréales en provenance de pays tiers, dont 40,19 % ont été acquis par l’Espagne, principal acheteur extra-UE. Parallèlement, les exportations européennes de céréales atteignent 20,4 millions de tonnes, avec le Maroc parmi les principaux importateurs de blé tendre du continent.

Selon les données de la Commission européenne, compilées par Cooperativas Agro-Alimentarias, le Maroc a importé 1,51 million de tonnes de blé tendre européen depuis le 1ᵉʳ juillet 2024, faisant du royaume l’un des principaux débouchés des céréales de l’UE. Seuls le Nigeria (2,01 millions de tonnes) et le Royaume-Uni (983 699 tonnes) devancent le Maroc dans ce classement.

Un approvisionnement stratégique pour le Maroc

Avec une production nationale soumise aux aléas climatiques et une dépendance accrue aux importations, le Maroc conforte sa position parmi les principaux acheteurs de blé de l’UE. À l’échelle africaine, le royaume dépasse largement ses voisins en matière d’importations de blé européen, devant l’Algérie (112 988 tonnes) et la Tunisie (181 026 tonnes), qui privilégient davantage le blé dur.

L’UE s’affirme ainsi comme un fournisseur clé du Maroc, aux côtés d’autres acteurs majeurs du marché céréalier mondial. À titre de comparaison, la principale source d’approvisionnement en blé tendre de l’UE reste l’Ukraine (3,5 millions de tonnes), suivie du Canada (753 202 tonnes), de la Moldavie (417 108 tonnes) et des États-Unis (309 757 tonnes).

Une compétition croissante entre les fournisseurs du Maroc

Au-delà du blé tendre, le Maroc figure aussi parmi les premiers acheteurs de l’orge européenne, avec 398 768 tonnes importées depuis juillet 2024. À ce titre, le royaume est le deuxième plus grand importateur d’orge de l’UE, après l’Arabie saoudite (828 042 tonnes).

Ces chiffres démontrent la dépendance du Maroc aux exportations céréalières de l’UE en raison d’une demande nationale en hausse et d’une offre locale insuffisante pour couvrir les besoins du marché. Toutefois, la concurrence avec d’autres grands producteurs mondiaux reste un enjeu majeur. En 2024, le Maroc s’est également tourné vers d’autres fournisseurs tels que la Russie, l’Ukraine, les États-Unis et le Brésil, qui figurent parmi ses principaux partenaires pour l’approvisionnement en céréales.

Avec une dépendance croissante aux importations et des fluctuations du marché mondial, la question de la sécurité alimentaire au Maroc demeure centrale alors que le royaume tente d’équilibrer ses sources d’approvisionnement face aux incertitudes climatiques et économiques. Lourdes questions qui embrument l’avenir politique de Aziz Akhannouch.

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